Le miel l’autre Or


Aujourd’hui je suis en visite à Koudougou à 117 km de Ouagadougou au sein de l’ONG Wend Puiré dans le cadre du Learning Tour avec Enabel pour le Green Innovation Hub.

Nous sommes accueillis par Mme ZONGO Sabine, responsable production et M. GANSONRE Amédée, technicien. Après les salamalecs la délégation est invitée à changer d’accoutrement pour la visite de la salle de production. Ainsi, chaque visiteur a eu droit à des chaussures, une blouse et une coiffe pour couvrir les cheveux. Dans la salle de production, la responsable et le technicien expliquent le processus de production du miel. En effet, l’ONG travaille avec plus de 5000 apiculteurs répartis dans les régions de l’Ouest, des Cascades, du Centre Ouest et du Centre Est. Elle dispose d’autres centres de collecte et de distribution dont celui de Bobo qui est le plus grand et respectant toutes les conditions pour l’exportation, de Mangodara qui est un centre scientifique en vue de la culture des abeilles pour produire la gelée royale, ceux de Bagré et de Ouagadougou pour la distribution. Le processus commence chez l’apiculteur sur le terrain où avant l’achat du miel brut le contrôle de qualité et le test en teneur d’eau sont réalisés. Si la teneur en eau est de plus de 21%, le miel est déclassé pour produire de l’alcool et du savon. Après les tests, le miel est filtré, puis mis à maturation dans des fûts appelés maturateurs pendant deux semaines où chaque jour le pollen est enlevé par les productrices afin de le rendre pur. Puis on procède à son conditionnement dans des pots de différentes tailles, puis à l’étiquetage en vue de la commercialisation. Quant à la cire extraite après le filtrage, elle est lavée et fondue pour faire des bougies, des produits cosmétiques, du savon et est également exporté. Les produits pouvant être tirés du miel sont : le miel, le pollen, la cire, la propolis, le venin d’abeille, la gelée royale. Au Sein de l’ONG nous avons découvert la production de savons de lessive et de toilettes , ces savons à base de neem et de propolis. Les compétences du personnel sont très diverses, on y trouve : Profils de techniciens, des ouvriers, des apiculteurs, un analyste laboratoire.



Le venin d’abeille et la gelée royale ne sont pas extraites par l’ONG car elle ne dispose pas de moyens et de techniques nécessaires à cet effet. Et pourtant, ce sont des produits qui soignent beaucoup de maladies. A ce jour, l’ONG est engagée dans une démarche de certification HACCP et utilise actuellement la technique de la marche en avant, c’est-à-dire que les produits finis ne ressortent pas par là où se trouve la matière première en vue d’éviter des contaminations. Toute la matière première achetée suit une traçabilité à travers un étiquetage portant le nom du producteur et la date de la récolte. Le goût et l’odeur sont également déterminés pour voir si le miel est mono floral ou poly floral. L’ONG fabrique également des équipements de production du miel notamment les ruches et leurs supports, notamment les ruches kenyanes faites à base de bois qu’elle met à la disposition des apiculteurs. Elle a œuvré à sensibiliser les producteurs pour l’utilisation de ces ruches modernes en lieu et place des ruches artisanales et des techniques de récolte du miel. D’autres modèles de ruche faites en argile sont en expérimentation en vue de faciliter le travail de l’apiculteur, limiter l’utilisation du bois et pouvoir recueillir la gelée royale.



L’ONG offre également des formations en apiculture. Elle compte produire près de 250 tonnes de miel cette année. Selon Madame Zongo, l’ONG était d’abord au démarrage un groupement de production d’arachide. Puis, le président du groupement qui était un enseignant en anglais et allemand a voulu faire la production du miel. Il a donc acheté deux ruches à Pabré pour commencer. Ensuite il a prélevé le miel récolté pour analyser. Il s’est rendu compte qu’il était de meilleure qualité. Ce qui l’a encouragé à s’y investir. Il a été aidé dans le projet par le directeur du Relais France et Burkina qui a permis de lever des ressources pour réaliser des investissements et acquérir des emballages.

Pendant la crise du COVID 19 en 2020, l’ONG ne pouvait enlever la production des apiculteurs à cause de la mise en quarantaine des villes, du couvre-feu et des autres mesures prises en vue de limiter et casser la chaine de transmission de la maladie. Le Programme d’Appui à la Promotion de l’Entrepreneuriat Agricole (PAPEA) a intervenu pour installer des mini mielleries pour un prétraitement du miel avant son acheminement dans les centres de production afin d’éviter des pertes au niveau des apiculteurs.

Les producteurs rencontrent beaucoup de soucis dans la régénération des abeilles à cause des produits chimiques dans les champs et de manière générale dans l’environnement. Aujourd’hui il est important de renforcer le plaidoyers afin d’inciter les populations à planter des arbres car si nous voulons encore avoir du miel il faut permettre aux abeilles de trouver des arbres et des fleurs .La filière du miel est très rentable car elle fait vivre bcp de familles, il faut encourager les jeunes à investir dans ces filières en innovant dans la culture d’abeilles.

Bonne lecture


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